Guides · Installation et technique

Combien produit un panneau solaire en Guadeloupe ? kWh, orientation, chaleur

Par Jacky de La Villardière · publié le 25 septembre 2026

Rangée de panneaux solaires sur un toit en tôle sous le soleil de midi en Guadeloupe, ciel bleu et cumulus
C'est la question que tout le monde pose avant le prix : combien ça produit ? En Guadeloupe, la réponse est bonne, avec deux nuances que la métropole ne connaît pas, la chaleur et la saison des pluies. Voici les chiffres que nous utilisons pour dimensionner nos installations.

Pour le prix, les aides et le déroulement d’une pose, voir notre page installation de panneaux solaires en Guadeloupe.

Le chiffre à retenir : environ 1 300 à 1 500 kWh par kWc et par an

Une installation photovoltaïque se mesure en kilowatts-crête (kWc), sa puissance nominale. Ce qu'elle produit se compte en kilowattheures (kWh). En Guadeloupe, un kWc bien orienté produit de l'ordre de 1 300 à 1 500 kWh par an, d'après les bases de données d'ensoleillement européennes et ce que nous relevons sur les installations en service dans l'archipel. C'est 20 à 40 % de plus qu'en métropole, où un kWc donne 1 000 à 1 200 kWh selon la région.

PuissanceNombre de panneaux (environ)Production annuelleProduction par jour, en moyenne
3 kWc7 à 84 000 à 4 500 kWh11 à 12 kWh
6 kWc14 à 168 000 à 9 000 kWh22 à 25 kWh
9 kWc21 à 2412 000 à 13 500 kWh33 à 37 kWh

Pour donner un ordre de grandeur, une maison guadeloupéenne avec climatisation consomme souvent 6 000 à 10 000 kWh par an. Une installation de 6 kWc produit donc autant que ce qu'elle consomme, sur l'année. La question suivante, c'est quand.

Quand ça produit : la journée, et surtout entre 10 h et 15 h

La courbe de production est la même toute l'année, parce que la durée du jour varie peu à 16 degrés de latitude : lever vers 6 h, coucher vers 18 h, et l'essentiel de la production entre 10 h et 15 h. C'est là que les panneaux donnent 70 % de leur journée.

C'est aussi là que la climatisation tourne le plus fort, que la pompe de la piscine fonctionne et que le chauffe-eau peut chauffer. C'est ce qui rend l'autoconsommation si efficace ici : la production et le besoin sont au même moment. Une maison vide en journée, en revanche, envoie l'essentiel de sa production sur le réseau, et c'est le cas où une batterie devient intéressante.

Ce que la chaleur enlève

Un panneau solaire produit moins quand il chauffe. Sa puissance nominale est mesurée à 25 °C de température de cellule ; sur un toit en tôle de Guadeloupe à midi, la cellule monte à 55 ou 65 °C. La perte est de l'ordre de 0,3 à 0,4 % par degré au-dessus de 25 °C, soit 10 à 15 % en milieu de journée sur les heures les plus chaudes.

Ce n'est pas un défaut de l'île, c'est de la physique, et les chiffres de production cités plus haut en tiennent compte. Ce qui limite la perte : laisser de l'air circuler sous les panneaux (une lame d'air entre le panneau et la tôle), ne pas les poser à plat contre la couverture, et choisir des modules dont le coefficient de température est bon. C'est un point que nous regardons dans le choix du matériel.

Écran de suivi de production photovoltaïque, vierge, sur le mur d’une maison, panneaux visibles par la fenêtre

L'orientation et l'inclinaison : moins décisives qu'en métropole

À notre latitude, le soleil passe presque au zénith une bonne partie de l'année. Conséquences pratiques :

  • Le plein sud reste l'idéal, mais un toit orienté est ou ouest perd seulement 10 à 15 % sur l'année, contre 20 à 30 % en métropole. Un toit à deux pans est-ouest se couvre des deux côtés sans regret.
  • L'inclinaison optimale est faible, autour de 10 à 15 degrés. On ne relève pas les panneaux sur des châssis en zone cyclonique : ils suivent la pente du toit, et une pente de 10 degrés au minimum permet à la pluie de les rincer.
  • L'ombre est le vrai ennemi : un manguier, un cocotier, l'antenne du voisin, le pignon de la maison en fin de journée. Une ombre sur un seul panneau fait chuter toute une chaîne avec un onduleur central ; c'est pour cela que nous posons des micro-onduleurs, où chaque panneau produit pour lui-même.

Le carême et l'hivernage

La Guadeloupe a deux saisons, et les panneaux le sentent. Pendant le carême, de décembre à mai, le ciel est plus dégagé et la production est au plus haut. Pendant l'hivernage, de juin à novembre, les nuages et les averses font baisser la production mensuelle de 20 à 30 % par rapport aux meilleurs mois. La brume de sable du Sahara, de mai à août, ajoute un voile et une salissure qui coûtent quelques pour cent de plus si les panneaux ne sont pas rincés.

Sur l'année, tout cela est déjà dans les 1 300 à 1 500 kWh par kWc. Mais un devis qui promet la production d'un mois de carême toute l'année ment.

💡 Comment vérifier vous-même : demandez à votre installateur la simulation de production de votre toit, avec l'orientation, l'inclinaison et les ombrages saisis, et non un chiffre générique. Nous la fournissons dans chaque étude, et nous la comparons ensuite à ce que l'application de suivi mesure une fois l'installation en service.

Ce qu'il faut en conclure pour votre maison

La production ne manque pas en Guadeloupe. Ce qui décide de l'économie réelle, c'est la part de cette production que vous consommez vous-même, donc la taille de l'installation par rapport à votre consommation de jour, et éventuellement une batterie. C'est l'objet de notre guide sur le dimensionnement, et de l'étude gratuite, qui part de vos factures et de votre toit, pas d'une moyenne.

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